• Farah Chami

Réintégrer le développement personnel dans notre vie quotidienne

Mis à jour : 24 juin 2019

" Le vrai sens de la vie est que tout communique", Daniel Odier.



Une amie, jeune maman, me confiait cette semaine sa difficulté à trouver une activité de développement personnel à pratiquer avec son enfant; non pas un atelier parent-enfant, ni une activité avec option "garde pour les petits", mais quelque chose qui s’inscrirait davantage “dans le réel”, sans ce cloisonnement manifeste entre bien être d’un côté et vie de famille-vie quotidienne de l’autre.


Ses propos me ramènent à la réflexion suivante: pourquoi déconnecter en permanence le développement personnel de notre quotidien ? Comme si tout était fait pour enfermer ces pratiques hors de l'espace et du temps. Que nous apportent les retraites, l’isolement dans des salles, le retranchement dans la montagne, alors que justement notre vie ne se passe pas là bas, mais ici ? Je vois des personnes revenir de retraites et d’expériences parfois austères et isolées, reprendre leur vie comme avant, avec les mêmes attitudes, le même rapport à elles et au monde. Ce qui me fait plutôt penser qu’elles étaient en vacances, en quête d’un lieu pour se reposer, se ressourcer, retrouver des forces pour mieux affronter, alors que je conçois plutôt le développement personnel comme une force pour se transformer.


Certaines personnes que je reçois dans mon cabinet sont étonnées de ne pas y trouver de divan. Elles sont encore plus étonnées, voire déçues, de constater qu’une partie de la séance se déroule debout. Mais la sophrologie c’est bien ça, une discipline qui se veut en lien avec notre quotidien, pour s’y intégrer naturellement et complètement. Quel intérêt d'apprendre à se détendre en position allongée alors qu’on ne s’allonge que le soir pour s’endormir ? Le but est de trouver les ressources en nous pour les activer à n’importe quel moment, dans n’importe quelle condition.


Les techniques de sophrologie ont pour vocation de s’inscrire dans notre quotidien. Elles se déroulent dans des conditions proches de notre vécu. Par la respiration, le mouvement corporel et même la visualisation, nous apprenons à mettre des pauses dans notre façon de vivre, à cultiver nos sens, à renouer avec le moment présent, sans attente et sans jugement, bref, à profiter de chaque instant dans ce qui se présente à nous, ici et maintenant.


Daniel Odier exprime de façon très juste ces propos:


Les exercices ascétiques dans une grotte perdue ne sont du yoga que si l'ascète peut descendre mendier son grain dans la ville et la traverser en pleine conscience, autrement, ce ne sont que de vaines austérités. Tout être qui ne peut se frotter à la vie de tout son corps et de toute sa conscience sans en être perturbé est sur une voie stérile (...).


Pratiquer en ce sens, c'est pratiquer sans interruption mais en ayant un soin extrême de la ponctuation. Pratiquer par intermittence, se rendre à l'ashram après son travail, c'est une manière de refuser la continuité de l'expérience mystique et ne s'en accorder qu'un fragment revient à ne jamais en faire l'expérience. Rien ne peut être séparé. Il ne peut y avoir une case pour les plaisirs de l'esprit, une case pour les plaisirs du corps, une case pour le divin, une case pour la violence, une case pour ceux qui n'ont pas de statut social, une case pour ceux qui sont privilégiés.


Le vrai sens de la vie est que tout communique et que tout transmet une charge;

La fragmentation mène à l'explosion individuelle et sociale.

Tout ce qui est à part est destiné à s'éteindre ”. Daniel Odier, Tantra.