• Farah Chami

#MoisSansTabac : comment l'hypnose peut-elle agir ?

Mis à jour : 19 nov. 2019


Chaque année au mois de novembre, une campagne nationale incite les fumeurs à arrêter de fumer. Si certains se tournent vers l’hypnose, toutes les techniques ne se valent pas.


Voici les principales méthodes utilisées en hypnose pour mettre en place un sevrage tabagique.


Les techniques aversives


Elles provoquent la répulsion, l’aversion pour le tabac en l’associant à des sensations déplaisantes: « Vous vous sentirez nauséeux à chaque fois que vous aurez une cigarette entre les doigts ». Le dégoût de la cigarette devient une réaction automatique, spécifique et inconsciente. Cette technique provient de la thérapie aversive qui associe un comportement non souhaitable à une sensation désagréable.


Les études existantes ne fournissent pas suffisamment de preuves pour déterminer l’efficacité d’une telle méthode, et personnellement, je ne l’ai jamais utilisée considérant la thérapie aversive peu respectueuse de la personne et de ses besoins.


Les suggestions : culpabilité vs. incitation à l’action


D’autres praticiens adaptent leur discours hypnotique aux croyances et habitudes de leur client (le fumeur qui a peur de mourir, celui qui se sent esclave de la cigarette, etc). Deux suggestions sont le plus souvent développées en état d’hypnose: l’appel à la peur ou à la culpabilisation du client, ou bien encore l’affirmation de valeurs positives (liberté, bien être, autonomie, etc.). Ces techniques s’inspirent de la «communication engageante» formalisée en psychologie sociale. Elles associent une information persuasive rationnelle et/ou émotionnelle à un engagement par les actes.


Cette technique est efficace, mais un certain temps seulement.

Pourquoi ? Parce qu’on s’arrête sur un comportement. Le tabac n’est que le symptôme de quelque chose de plus profond. Donc avant de vouloir faire cesser un comportement, il faut s’intéresser à ses causes au risque de rechute (la personne refume après quelques mois d’arrêt), ou de déplacement du symptôme (la personne ne fume plus mais a des compulsions alimentaires par exemple).


Donner la parole à l’inconscient


En ce qui concerne ma pratique, je traite le tabac comme n’importe quelle autre problématique.

Quelles sont les utilités du « comportement tabac » ? Quels sont les besoins derrière ? Comment répondre à ces besoins en prenant appui sur les ressources intérieures de la personne ?

Et c’est l’inconscient par un dialogue établi entre lui et moi, des fois entre nous trois, qui répond à ces questions. Il identifie les raisons, les freins, les solutions, jusqu’à mettre en place les changements nécessaires. Si bien que très souvent, une séance sur le tabac se déroule sans même que le sevrage tabagique ne soit évoqué. Les nouveaux comportements résultent naturellement de ces changements profonds opérés pendant la séance.

C’est selon moi la clé de la guérison véritable.