• Farah Chami

Etes-vous dans le contrôle ou dans le lâcher prise ?

Mis à jour : 11 janv. 2019


Le lâcher prise… voilà une expression qui revient souvent.


Dans le bouddhisme zen, la pratique du lâcher-prise consiste à se détacher de nos désirs de possession et de domination, pour accepter le monde tel qu’il est, fluide, impermanent. Le lâcher prise n’est pourtant pas refus du monde, mais acceptation de celui-ci, résolue, sereine. Beaucoup de personnes souffrent de l’envers du lâcher prise. Une volonté de contrôle inconsciente, absolue. Contrôle de leur vie et de ce qui les entoure.


De ce besoin d’emprise naissent des attentes, des frustrations, des obstacles, des déceptions.





Besoin de contrôle et lâcher prise


Les relations de couple ou les rapports parents-enfants en disent long sur ce besoin de contrôle. Tous les “moi, je ne veux pas”, les “si”, les au nom de ce qui "devrait être", "aurait pu être"... lorsque nous voulons que l’autre adopte le même raisonnement, en tire les mêmes conclusions, nous aime de la même façon, agisse comme nous le désirons… autant de manifestations courantes de notre besoin de contrôle.

Le contrôle de notre vie aussi, notre quotidien, tous les reproches que nous pouvons nous faire, la recherche constante de la perfection, le contrôle de nos émotions, de notre temps, de notre corps…


Pourquoi est-ce donc si important de contrôler ?

Derrière le contrôle il y a souvent de la peur, et surtout :



La peur de l’inconnu


L’inconnu réactive le sentiment d’insécurité qui nous ronge. On retrouve ici les personnes qui cherchent tout le temps à comprendre. Souvent vouloir comprendre c’est vouloir contrôler la situation. Ou alors les personnes qui ressentent toujours le besoin de planifier, de tout organiser. Celles qui sans cesse pensent au futur, à ce qui pourrait arriver: “qu’est ce qui se passerait si”. L’usage du conditionnel est lui même révélateur de ce besoin d’emprise.


Le contrôle rassure, il donne l’illusion de la maîtrise. Seulement, dans la peur, le cerveau se tourne vers des éventualités négatives. Le fameux “et si” (“et si je n’y arrivais pas”, “et si ça ne marchait pas”, “et s’il me quittait”, etc). Notre cerveau ne fait pas la différence entre ce que nous imaginons et ce que nous vivons réellement. Aussi, le signal envoyé à notre corps par cette projection négative, est intégré comme une réalité négative (vécue), ce qui finit bien souvent par provoquer ce que nous voulions à tout prix empêcher.





La peur que les autres aient le dessus


Une autre peur, assez courante mais moins évidente, est la peur que l’autre ait le dessus sur nous. C’est le cas très fréquent des personnes qui veulent toujours avoir raison, qui n’admettent pas leurs erreurs. Ou d’autres qui ne se laissent pas aller dans leur sexualité. Elles ont l’impression qu’en cessant de contrôler (la situation, le rapport, la relation), c’est l’autre qui prendra le contrôle.


Le contrôle est ici un mécanisme de défense qui exprime un besoin de protection.


Le contrôle est à la base de plusieurs malaises ou maladies physiques: crampes, douleurs articulaires (chevilles, genoux, hanches, poignets, coudes), raidissement de la mâchoire, constipation, problèmes du nerf sciatique, raideurs, enflure, maux de dos.

Lâcher prise est un acte d’acceptation et de confiance



Si le contrôle trouve son origine dans la peur, le lâcher prise trouve son salut dans la confiance. Lâcher prise c’est accepter de nous abandonner, c’est avoir confiance, en soi, en l’autre et en la vie. Nos peurs et nos doutes nous viennent de nos projections, c’est à dire un mécanisme intellectuel qui nous fait dire que potentiellement cela peut être dangereux. Entre mille possibilités, notre esprit n’en considère que quelques unes.


C’est ce qu’Eckhart Tolle appelle notre corps de souffrance: un champ d’énergie négative, composé d’expériences douloureuses du passé, qui se loge en nous au fil du temps. Ce corps de souffrance existe, mais il n’est pas nous. On peut le considérer, l’écouter, essayer de le guérir, mais souvent nous nous identifions à lui. Nous pensons que nous sommes notre corps de souffrance et nous agissons en fonction. D’où nos peurs, nos doutes, nos tentatives de contrôle et notre manque de confiance.


Notre corps de souffrance est l’ombre de notre ego. Mais nous pouvons l’éclairer avec la lumière de notre conscience. Comment ?



Revenir à l’instant présent




Notre besoin de contrôle vient de nos peurs qui ne sont qu’une projection négative nourrie par notre corps de souffrance. Mais la seule réalité, c’est le présent. Le reste c’est de l’imagination.


A chaque fois que je suis dans le contrôle, je peux m’arrêter, m’écouter, chercher la peur qui est derrière. Que je l’identifie ou pas, j’accepte ce qui est là. Puis je reviens au moment présent, et je me dis, qu’est ce que j’ai aujourd’hui, comment je me sens à cet instant, qu’est ce que je peux valoriser dans le moment présent ? Car seul aujourd’hui compte. C’est ma seule réalité.



Renforcer notre confiance


Une grande part de notre souffrance découle de notre manque de confiance. Nous nous mettons en doute et nous projetons sur les autres nos peurs personnelles.


Lâcher prise nécessite la confiance en notre potentiel et en notre capacité de faire avec ce qui est dans le présent. La confiance est une vibration, une émotion positive qui alimente l’action. Nous pouvons renforcer notre confiance en dirigeant notre attention sur ce que nous voulons réaliser. L’inconscient fonctionne avec des images, et rappelons nous que notre cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est imaginé et ce qui est vécu. Visualisons donc ce que nous voulons et non pas ce que nous ne voulons plus. Nos désirs s'imprimeront dans notre insconscient et notre conscience se dirigera tout naturellement vers cela. Avec la confiance nous acceptons l'autre dans sa différence et nous nous ouvrons à la magie de vie.


Accordons la confiance à notre potentiel, poursuivons la réalisation de nos rêves et laissons nous simplement ETRE!