• Farah Chami

De la sophrologie pour les enfants



Nous profitons de ces vacances scolaires pour reprendre en famille quelques exercices de sophrologie. Ma fille de 6 ans adore, mon fils plus grand, ne fait pas tout, et je ne l’oblige pas. Il pratique ce qu’il préfère. Nous faisons en général notre petite séance le matin, entre le réveil et le petit déjeuner. Mais peu importe le moment, seule compte la disponibilité dans un endroit calme. Cela ne prend que quelques minutes, et les bénéfices peuvent perdurer assez longtemps.


La sophrologie pour enfants


J’ai eu l’occasion de pratiquer la sophrologie avec des enfants d’âge différents. Les objectifs sont souvent les mêmes, mais la manière d’aborder la méthode diffère, plus ou moins ludique, plus ou moins appuyée par des histoires et métaphores, etc. Pour des plus petits, le jeu va occuper une place centrale, pour les plus grands je vais laisser plus de place à l’expression du ressenti et du vécu corporel. Un enfant qui vient voir un sophrologue n’a pas l’impression d’être questionné, observé. Il est actif pendant la séance et dans la majorité des cas, je fais les exercices avec lui. Je ne cherche pas non plus à analyser le comportement de l’enfant ou à rechercher les causes de son attitude. Je pars d’une difficulté présente et lui propose différents outils en m’appuyant sur ses propres ressources pour surmonter cette difficulté.


Une introduction tranquille ...


Quelque soit l’âge de l’enfant, je l’invite toujours à porter en premier lieu son attention sur sa respiration. C’est la première étape pour bien détendre le corps, apporter le calme, l'apaiser, l’aider à dénouer ses tensions et à gérer ses émotions. L’enfant va prendre conscience de sa respiration, la localiser et se l’approprier pour l’utiliser en toutes circonstances.

Exercice : Respirer comme une grenouille


L’enfant respire calmement, profondément, au niveau du ventre.

Poser d’abord la question « Comment je respire ? », et amener l’enfant à localiser dans son corps, son ventre, son thorax, son nez, sa respiration.

L’enfant pose ensuite ses mains sur son ventre.

Comme une grenouille, il inspire l’air par le nez en gonflant son ventre comme un ballon, puis il souffle l’air par la bouche en dégonflant son ventre tout doucement.

Il sent son ventre qui monte et qui descend, comme une vague qui monte et qui descend.


Cinq minutes de cet exercice est suffisant pour eux. Ce petit moment de tranquillité leur permet de mieux se connaître et de se relâcher.



Une phase active ...


S’ensuit un exercice dynamique qui varie selon l’âge et en fonction de l’objectif recherché. Pour un enfant en manque de confiance, qui a des peurs, je lui propose des exercices qui renforcent son schéma corporel, c’est-à-dire la représentation qu’il se fait de son corps. Ce sont des pratiques corporelles simples favorisant la connaissance que l'enfant a de son corps, son ancrage, son équilibre et sa capacité à se situer dans l’espace. L’enfant apprend à maîtriser son corps, son mouvement, sa stabilité, son enracinement et renforce sa confiance en lui. Petit à petit, l’enfant va habiter son corps, un corps senti, vécu. Cette prise de conscience consolide son autonomie. Pour un enfant qui s’emporte facilement, s’énerve vite, a du mal à gérer ses émotions, je lui propose des pratiques qui vont lui permettre d’évacuer ses tensions mais aussi l’aider à se centrer et à se concentrer, à apaiser ses tensions et aussi à s’affirmer.


Exercice : La fenêtre de la confiance


Dans cet exercice, l’enfant développe son amplitude respiratoire et s’imprègne d’un sentiment de confiance et d’optimisme.


L’enfant est debout, les pieds bien enracinés dans le sol, la tête droite.

Il place ses poings fermés face à sa poitrine, les bras à l’horizontale, parallèles à la poitrine.


Dessin d'un enfant de 4 ans à l'issue de cette séance

En inspirant lentement, il écarte les bras en amenant ses coudes vers l’arrière comme s’il ouvrait une fenêtre. Il imagine que l’air pur, le soleil, la joie entrent par cette fenêtre et entrent aussi en lui.

Il garde l’air pendant quelques secondes, puis en expirant, il ramène les poings face à face.



L’exercice est refait trois fois, avant de ramener les bras le long du corps.



Une visualisation positive ...


La séance se termine en général par une visualisation. Le cerveau faisant mal la différence entre la réalité et l’imaginaire, le recours à la visualisation représente un outil efficace pour amorcer un changement. La visualisation est en général une histoire ou un conte mettant en situation des personnages dans lequel l’enfant pourra facilement s’identifier. La portée de l’histoire est toujours ciblée en fonction des besoins de l’enfant et de ses centres d’intérêt. C’est une étape qui demande en général beaucoup de préparation et un intérêt pour le monde de l’enfant, ses goûts, ses envies. Je m’appuie sur les ressources propres de l’enfant mais aussi sur les capacités dont il aurait besoin pour se sentir mieux.


Mettre des mots...


A la fin de la séance l'enfant partage son vécu, soit par des mots, soit par une création libre. C'est ce qu'on appelle la phénodescription. Les dessins sont très prisés par les petits. Aucune consigne n'est donnée, juste un espace pour permettre à l'enfant d'exprimer ce qu'il vient de vivre. Et c'est incoyable comment on peut noter l'évolution des dessins au fur et à mesure des séances.


Voici deux phénodescriptions faites par la même enfant, une fille de 4 ans et demi. Le même matériel a été mis à sa disposition pour chaque séance. Au fur et à mesure, je la voyais introduire les couleurs, préciser le trait pour aboutir en séance 9 à un magnifique soleil brillant dans un ciel bleu. J'amène souvent les enfants à me parler de leur dessin et à le décrire. Une autre manière de les inviter à mettre des mots sur leur expérience. Et de la même manière que le dessin se précise, leur propos est plus clair, plus explicite, plus détaillé mais aussi plus sûr et plus déterminé.



C’est tout un cheminement que nous faisons avec l’enfant. Et quel que soit le symptôme, la problématique, le plus important est de toujours lui faire CONFIANCE. C'est en lui que résident les ressources nécessaires à son épanouissement.